La chronique d’ACSèMe
Perdre son emploi à plus de 50 ans… Désastre ou nouveau défi…
Ce matin là, au volant de sa voiture Acsème sifflotait, ignorant encore que quelques minutes plus tard, une simple phrase viendrait faire voler son monde en éclats. «Nous n'aurons plus besoin de vos services, Acsème». Et voilà ! 55 ans, son lot de charges à rencontrer et soudain, sans emploi. Un véritable coup de masse ! Et il n'avait rien vu venir !
«Mon équilibre mental en a pris un coup»
«On ne peut y échapper, nous dit-il. Les jours, qui suivent, sont marqués du sceau de la déprime, de la colère, de l'anxiété et du sentiment que tout est fini: à cet âge, jamais plus tu ne retrouveras un travail. Ma première réaction a été de m'affaler devant la télé, ruminant ma rancœur et ma détresse. Je m'apitoyais sur mon sort. J'ai bien fait quelques efforts, mais sans conviction. Dès le départ, j'avais adopté une attitude négative, persuadé qu'à cause de mon âge, toutes démarches seraient inutiles avoue Acsème. Je partais perdant. Sous le choc et poussé par la nécessité et la crainte, je devenais mon pire ennemi dans cette bataille. J'étais si perturbé, que mon équilibre mental en avait pris un coup.
Se donner du temps, prendre l'air, lire un bon livre, faire du sport, un peu de menuiserie, de bricolage, jardiner, discuter avec des amis…
Enfin, n'importe quoi ! Mais le faire pour soi, pour se faire plaisir.
«Pas facile admet Acsème, mais il faut savoir s'arrêter, prendre le temps de se détendre, d'analyser la situation et de retrouver sa propre valeur. En fait, il faut d'abord digérer et recouvrer son moral, avant de passer à l'action. Quant à moi, l'exercice physique m'a beaucoup aidé, affirme-t-il. J'avais l'habitude de fréquenter le gym. Mais mes finances étant devenues plus précaires, j'ai découvert que la marche rapide et le grand air étaient tout aussi efficaces et ne coûtaient rien. Et j'ai vite pris goût à ces moments de solitude, qui tout en m'oxygénant l'esprit me permettaient de réfléchir, sans éprouver cette angoisse, qui habituellement m'étouffait dès que je songeais à ma situation.»
Un matin, passant devant un bistrot, un copain lui fait signe de le rejoindre. Au cours de la conversation, Acsème constate que son compagnon vit une situation semblable à la sienne, depuis un moment déjà. Mais persuadé qu'à son âge, plus jamais on ne lui proposera un vrai travail, il a sombré dans la dépression et a cessé de se battre.
Savoir d'abord reconnaître sa propre valeur, puis utiliser tous les moyens à sa portée.
«En l'écoutant, ça m'a donné un coup, dit Acsème. C'était comme si je voyais le propre reflet de ce que je deviendrais sous peu, si je ne prenais aucun moyen pour assurer ma réussite. Et je me refusais d'en arriver là. Oui, j'avais plus de 50 ans! Mais je ne pouvais avoir brusquement perdu toutes mes compétences. Et je refusais de me croire fini. Il y avait sûrement une façon de me sortir de là, et je la trouverais. Tout en marchant je réfléchissais. Et de retour chez moi, j'ai dressé une double liste: d'un côté, mes capacités, mes forces, mes expériences et mes ambitions. Et de l'autre, mes points faibles. Puis je me suis arrêté à réfléchir au genre de travail qu'il me plairait de faire jusqu'à ma retraite. (Tant qu'à changer, pourquoi ne pas le faire pour du meilleur). Et j'ai laissé mon esprit errer, notant toutes les idées ou possibilités qui surgissaient. En examinant cette liste par la suite, j'ai vraiment réalisé qui j'étais et tout ce que j'avais acquis au cours de toutes ces années de travail. Je me suis senti brusquement revalorisé. Je possédais maintenant un bagage dont je n'avais pas même conscience auparavant. Et j'ai compris que loin d'être un homme fini, je pouvais apporter à un nouvel employeur, beaucoup plus même, que je ne le pensais. Les jours suivants, tout en marchant au grand air, je me suis laissé imprégner par ce que j'avais découvert à mon sujet. Peu à peu, ma confiance en moi m'est tranquillement revenue et avec la conscience de mes possibilités et de ma propre valeur, mon moral a refait d'un bond, surface. Alors, fort de ce que j'avais compris à mon propre sujet, et voulant mettre toutes les chances de mon côté, j'ai cherché de l'aide pour améliorer la présentation de mon C. V. et policer ma présentation devant un éventuel employeur. Et c'est en pleine possession de moi-même, que j'entrepris de nouvelles démarches».
Prendre soin de soi, un bon équilibre mental, une attitude positive, utiliser l'aide disponible: des valeurs sûres.
«C'est tout simple au fond, assure Acsème. Le stress et l'anxiété obscurcissent la pensée et deviennent de puissants handicaps. Plus détendu et sûr de moi, j'ai retrouvé ma propre valeur, mon équilibre et ma détermination. Trouver un emploi à plus de cinquante ans est certes plus difficile qu'à trente ans, mais pas impossible. Partir perdant est un grand désavantage, alors qu'une attitude positive et un bon équilibre mental sont une assurance de réussite. Pour ma part, poursuit Acsème, j'y vois la clé de mon succès. Car après quelques semaines de recherches supplémentaires, une opportunité, dont je n'aurais jamais osé rêver, s'est présentée à moi. Et lundi prochain, nouveau défi, nouvelle job ! »
«À 55 ans, tout est encore possible. Et cette expérience, croyez-moi, m'a redonné un nouveau souffle.»
Micheline Perron pour, ACSM-LSJ