S.V.P.! Aidez-moi à l’Aider…
«Lorsque j‘ai pris la décision de l’accompagner dans sa maladie jusqu’à la fin, j’ignorais ce qui m’attendait.»
ACSsèMe tendit vers son interlocutrice une main compatissante. «Explique moi, tu veux ?»
«La situation me devient très pénible. Je n’ai plus aucune vie sociale, et lui, il devient un peu plus dépendant de moi, de jour en jour. Je ne peux même plus m’absenter tant il devient anxieux si je dois le laisser seul.
«Tu ne peux pas te faire aider ?»
«J’aimerais bien parfois. Mais j’ai dû abandonner mon travail pour rester près de lui, et en dix mois, nos économies ont fondu comme neige au soleil. Quant aux membres de sa famille et aux amis, je n’ai pas osé demander. La maladie et l’approche de la mort effrayent bien des gens, ACSèMe. »
«Il te faut pourtant trouver un moyen, sans quoi tu ne pourras tenir le coup encore bien longtemps..»
«J’en suis consciente, mais je n’ai pas le choix. Le plus difficile à vivre dans tout ça, ce ne sont pas la fatigue et les longues nuits sans sommeil, mais bien ce sentiment, à la fois de lourde responsabilité et d’impuissance. J’ai parfois l’impression, qu’il a abandonné sa vie entre mes mains, qu’il ne fait confiance qu’à mon jugement. C’est très lourd. Je me sens si impuissante, si seule, si perdue. J’ai besoin d’aide, mais vers qui me tourner ? Comment obtenir cette aide? La société semble avoir prévu bon nombre de moyens pour répondre au besoins du malade que l’on maintien à domicile, mais qu’en est-il de l’aidant ? Le proche-aidant n’est qu’un simple être humain qui s’investit corps et âme pour aider un proche, un être qu’il aime. Et de ce fait même, il met en danger son propre équilibre mental, parce qu’il ne peut que s’engager émotionnellement. Comment se maintenir la tête hors de l’eau et parvenir à conserver son équilibre mental à travers toutes les exigences suscitées par la maladie, les craintes, l’angoisse et la souffrance d’un être qui nous est cher. Comment se préserver du désespoir, du burn out et de la dépression qui étendent constamment leur ombre sur une situation douloureuse et si exigeante, qu’elle ruine vos capacités, gruge sournoisement le moral et génère une constante anxiété, sans aucune aide. La situation du proche- aidant est tout, sauf facile. C’est de notre propre choix que nous décidons d’accompagner un malade ou un mourant, je l’admets, bien que la société nous y incite de plus en plus fortement. Mais pour que le proche aidant parvienne à se garder physiquement et moralement en santé à travers cette étape de vie, il a besoin d’aide. Non pas d’une aide pensée en fonction des besoins du malade, mais une aide conçue pour ses propres besoins d’aidant.»
«L’ACSM organise des cafés rencontres pour les proches-aidants, comme toi, qui ont besoin de se ressourcer et d’échanger avec d’autres aidants comme eux ? Ces rencontres sont animées par des professionnels qui connaissent bien le milieu et ce que peut vivre l’aidant naturel.»
La prochaine rencontre se teindra mercredi le 13 septembre 2006, À 19 heures , dans les locaux de l’ACSM, au 880 Blv. St-Joseph, Roberval.
Invitée : Mme Jacinthe Gagnon, infirmière intervenante, ex directrice générale du Havre du Lac St-Jean.
Pour information, 418-275 2405. Vous êtes tous les bienvenus.
Micheline Perron, pour ACSM- LSJ